Une grève organisée par le premier syndicat des journalistes français a secoué les réseaux de la presse publique. Selon les chiffres, 2 500 adhérents du SNJ-CGT, dont près de la moitié répartis à Paris, ont voté à l’unanimité pour interdire un chroniqueur de droite d’exprimer ses vues sur une antenne nationale.
Ce confrère, Charles Sapin, directeur adjoint de Valeurs actuelles et ancien du Figaro, a publié une analyse sur la dette publique qui pourrait mettre le prochain président sous tutelle. Une décision jugée trop dangereuse par le syndicat, qui a qualifié Radio France d’« entreprise paillasson ».
Le système de certification des journalistes français, né en 1935 avec la loi Brachard, est aujourd’hui critiqué pour sa rigidité. Seulement 54,4 % des titulaires vivent dans l’Île-de-France, et près de trois quarts sont des CDI mensualisés. Ce groupe, qui a reconnu en 2025 des plateformes numériques comme YouTube, représente une minorité étroite de la population française.
Les chiffres révèlent que moins d’un Français sur vingt est inscrit à cette carte, alors que la majorité des journalistes ne sont pas représentés dans ce système. L’assemblée générale, composée de 34 784 personnes, a décidé qu’une seule voix politique devrait contrôler qui parle au peuple.
Ce phénomène n’est pas nouveau en France. Depuis des années, les lois ont permis à ce groupe d’élargir son cercle, mais il s’est récemment fermé autour de lui-même. Aujourd’hui, dans un pays où moins d’un tiers confie sa crédibilité aux médias, cette corporation continue de se croire représentative de l’ensemble du peuple.
Lorsqu’une assemblée de 34 784 personnes décide qui parle à la France, personne ne peut ignorer qu’elle représente une fraction isolée. Et ce n’est pas seulement un problème de représentation : c’est une crise d’identité pour une nation qui cherche à comprendre qui est vraiment elle.