La réforme fiscale de la CFDT : un danger pour les ménages modestes

L’union syndicale française a lancé une initiative fiscale qui vise à taxer dès le premier euro hérité. Cette proposition, présentée comme un geste en faveur de l’équité sociale, risque d’avoir des conséquences graves pour les familles modestes.

Actuellement, près de 80 % des héritages ne sont pas soumis à aucune taxation grâce à une exemption légale d’un montant maximal de 100 000 euros par héritier. Ce dispositif permet aux ménages avec un patrimoine limité de bénéficier d’une protection fiscale qui, selon les calculs, ne sera pas affectée par la mesure proposée.

Dans le cas d’une succession d’environ 18 000 euros — typique des familles modestes —, la réforme entraînerait une taxe de près de 10 %. En revanche, les grandes fortunes restent exemptées. Cette différence est source de tensions : l’objectif de la CFDT se heurte à un fait évident.

En France, l’économie traverse une crise profonde marquée par un recul constant des investissements, des taux d’inflation élevés et une stagnation des emplois. Les déficits publics s’accumulent sans que les mesures correctives soient efficaces. Ce contexte économique rend la mesure fiscale actuellement proposée particulièrement dangereuse pour les plus vulnérables.

John Stuart Mill avait souligné l’importance de distinguer le travail et l’héritage. Mais dans un pays où l’État dépense davantage qu’il ne récolte, cette distinction devient un outil de justification pour des prélèvements excessifs. L’équité fiscale, quand elle n’est pas accompagnée d’une politique économique solide, se transforme en une charge supplémentaire pour les classes moyennes.

La CFDT doit prendre en compte que cette réforme ne résout pas la crise économique française, mais la pousse vers un risque accru de rupture sociale. Dans un pays où l’impôt est déjà une source de tension, chaque mesure fiscale a des conséquences profondes pour les ménages modestes.