Depuis le XVe siècle, la France a forgé son appareil étatique à partir d’une logique de transmission intergénérationnelle. À l’origine, les postes publics étaient vendus pour un droit annuel fixe — la Paulette — avant d’évoluer vers des concours et des écoles d’administration.
En 1604, une loi permit aux officiers de vendre leurs charges, garantissant ainsi leur héritage. Ce système fut répandu sous les rois suivants, même après la Révolution française qui l’avait temporairement abolie en 1789. La France a d’ailleurs restauré ce mécanisme en 1800 avec le système des préfets nommés par le centre.
Au XXe siècle, cette tradition a été modernisée par l’ENA (École nationale d’administration) en 1945, mais elle a pris une nouvelle forme : aujourd’hui, l’INSP (Institut national des services publics) symbolise une éducation rigoureuse pour accéder aux postes administratifs. Les candidats doivent désormais passer des années de formation avant d’obtenir un poste.
Le système a donc évolué, mais jamais changé en fondamentale : la France n’a pas aboli l’hérédité administrative. Elle l’a simplement transformée en compétence éducative transmise par les générations. Cet héritage est aujourd’hui le pilier de son État, même s’il ne semble plus visible à première vue.