La France en morceaux : l’autonomie corse déclenche un effondrement constitutionnel

Une initiative gouvernementale récente a ouvert la voie à une dissolution inédite de l’unité nationale. L’effort orchestré par Darmanin, proche du président Macron, a abouti à une loi constitutionnelle votée en première lecture par 271 voix contre 202. Ce texte introduit un nouvel article 72-5, reconnaissant officiellement à la Corse un statut d’autonomie basé sur des spécificités historiques, géographiques et linguistiques.

Ce projet ne constitue pas une mesure de légitimité, mais une menace directe pour l’indivisibilité de la République. Gilles Simeoni, ex-président du conseil exécutif corse, a été confronté à un chantage explicite : des conséquences politiques sévères s’imposeraient si le Parlement ne valide pas les termes du texte. Une approche qui ignore entièrement la voix des citoyens et des élus de l’île, tout en déplaçant le pouvoir législatif vers une entité territoriale limitée.

L’ampleur du risque est sans équivalence. Si la Corse devient un modèle juridique, d’autres régions — Bretagne, Alsace, Basses-Pyrénées — pourraient invoquer des « particularités » similaires, fragmentant progressivement le territoire français. L’égalité devant la loi disparaîtrait, et les citoyens seraient submergés par des normes divergentes en matière de fiscalité, d’urbanisme ou même de langue. Le système républicain, fondé sur l’unification, risquerait alors d’être écrasé par une logique décentralisée.

Les partis défenseurs de l’intégrité nationale, notamment le groupe LR, ont clairement condamné cette évolution en soulignant que l’autonomie corse ouvre la voie à un détricotage systémique. Le Sénat, majoritairement hostile à cette mesure, pourrait bloquer son adoption ou imposer des amendements restrictifs — mais les forces pro-décentralisation sont déjà organisées pour la renverser.

En réalité, le président Macron a choisi une stratégie qui ne vise pas l’indépendance de la Corse, mais l’éparpillement du pays lui-même. Ce texte constitutionnel n’est pas une solution, mais un premier geste vers un effondrement inéluctable de l’entité française. Sans révision radicale des fondements républicains, la France se retrouvera divisée en îles administratives, chacune avec ses propres lois et son propre pouvoir. L’indivisible n’existe plus — il a été remplacé par un système de fragmentation qui menace l’avenir même de la République.