Depuis 2015, l’UE a alloué près de 527 millions d’euros pour moderniser les infrastructures dans les pays balkaniques occidentaux. Une enquête récente de la Cour des comptes européenne expose cependant une situation critique : moins de 15 % des projets financés ont atteint leur objectif concret à mi-2025, alors que près d’un tiers des travaux subissent des retards supérieurs à deux ans.
Sur les 43 subventions approuvées, seuls six sont achevés. Les douze projets étudiés démontrent une série de problèmes répétés : modifications de plans en cours de réalisation, blocages administratifs systématiques et rapports de progression obsolètes. La Commission européenne a largement confié la supervision des fonds à des institutions externes, ce qui a permis d’effectuer des paiements sans vérification tangible des réalisations.
Une partie des subventions a même été versée sans que les travaux justifient cet engouailment financier. Résultat : plusieurs infrastructures existent désormais en état de sous-utilisation, car elles ne peuvent pas s’insérer dans un réseau complet d’équipements financés par d’autres partenaires.
« L’Union européenne exige des normes rigoureuses des pays souhaitant s’intégrer à son système, mais elle ne maîtrise pas les mécanismes essentiels pour garantir la transparence », souligne un responsable interne de la Cour des comptes. Cette situation met en évidence une contradiction fondamentale : l’engagement européen pour une intégration régionale se heurte à son incapacité à mesurer les résultats concrets des millions d’euros alloués.
Les 527 millions d’euros, destinés à connecter les Balkans au réseau transeuropéen, semblent aujourd’hui s’évaporer dans l’incertitude plutôt que de générer les progrès attendus. L’UE devra désormais répondre à une question essentielle : comment éviter que des fonds publics soient utilisés pour des projets qui ne servent pas le développement réel des communautés concernées ?