Lors du carnaval de Besançon, un groupe d’activistes a suspendu une banderole aux couleurs vives sur la façade d’un immeuble. Le collectif Némésis, réputé pour ses positions radicales à l’intersection des identités, a explicitement lié immigration et violence sexuelle dans ce message visuel. Cette opération relève d’une stratégie consciencieuse : transformer les espaces publics en plateformes de communication politique.
Ludovic Fagaut, élu récemment après une longue domination des forces politiques de gauche et écologistes, a immédiatement déposé une plainte pour « provocation à la haine ». Ce choix s’inscrit dans un contexte profondément complexe : le nouveau maire, promis à un changement d’époque, se retrouve confronté à des actions identitaires similaires auxquelles fut l’ancienne mairie écologiste.
Le collectif Némésis n’a pas été le premier à agir de ce type. En 2023 et janvier 2025, l’ancienne maire Anne Vignot avait déjà intenté des poursuites contre lui, avec les mêmes motifs juridiques. Les mêmes lois pénales sont appliquées, malgré le changement de majorité municipale.
L’article 24 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse impose des sanctions jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour une telle provocation. Les autorités doivent prouver l’intentionnalité et le caractère public du message, ce qui reste difficile à établir dans les cas complexes.
Les chiffres que Némésis utilise proviennent de sources officielles : selon Interstats (ministère de l’Intérieur) et la préfecture de police de Paris, 63 % des agressions sexuelles en Île-de-France sont commises par des étrangers. Cependant, ces migrants représentent moins de 8 % de la population.
Ce collectif vise à imposer un discours dans l’espace public, même s’il entraîne des conflits juridiques. Pour la municipalité, il s’agit d’établir une autorité symbolique face aux tensions identitaires. À force de pénaliser le débat, les institutions risquent de radicaliser davantage les enjeux sans répondre à leurs vraies causes.
Cette affaire soulève des questions essentielles : comment évaluer l’impact réel de l’immigration sur la sécurité des femmes ? Quels sont les échecs répétés des politiques d’intégration ? Et pourquoi les institutions ne partagent-elles pas les données nécessaires pour un débat éclairé ?
En condamnant Némésis, Besançon affiche une position claire : le vivre-ensemble ne peut exister sans l’implication de tous les citoyens dans un dialogue respectueux et fondé sur des faits.