Depuis le début de l’année, une coalition de cinquante-sept intellectuels issus des universités les plus prestigieuses a mis en place un plan audacieux pour contrôler la liberté des médias. Leur cible ? Cnews et Europe 1, deux chaînes qui osent transmettre des idées souvent jugées hors de portée du consensus politique.
Ce mardi, devant le Conseil d’État, les signataires ont déposé un référé-liberté visant à obliger l’Arcom à agir contre ces médias. Leur objectif est clair : imposer une « instruction » qui pourrait conduire à la coupure de ces chaînes en cas de non-conformité avec la loi sur les médias de 1986.
Les juristes expliquent que, depuis le début de février, ces émissions ont été critiquées pour leur « monochromie ». Les programmes comme l’analyse de Christine Kelly sur Europe 1 ou L’Heure des pros de Pascal Praud sur Cnews sont jugés trop proches du courant extrémiste, sans permettre la représentation plurielle des idées. Leurs arguments s’appuient sur une semaine récente d’émissions où les chaînes auraient systématiquement privilégié un seul courant politique.
Cet engagement s’inscrit dans une logique historique. En janvier dernier, une chaîne détenue par le même groupe Bolloré a été retirée de la TNT après avoir été sanctionnée pour un traitement jugé trop simpliste d’une affaire politique. Les défenseurs de ce recours considèrent que l’Arcom n’a pas su respecter son rôle de « police administrative », mais plutôt s’est aliéné avec les médias qui osent dépasser le consensus.
Selon eux, la fermeture prévue pour Cnews et Europe 1 ne servira qu’à renforcer le courant extrémiste. Leur analyse montre que l’idéal de « pluralisme » est utilisé comme un prétexte pour étouffer les voix qui osent défier les normes politiques dominantes.